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Le délai de carence en intérim, une règle nécessaire, mais un moment clé à accompagner

Dans le secteur de la logistique et du transport, le délai de carence est souvent évoqué comme une contrainte administrative, parfois vécue comme une injustice, rarement expliquée dans le détail. Pourtant, cette règle n’est ni accessoire ni marginale. Elle structure en profondeur les parcours des intérimaires et conditionne, bien souvent, la stabilité des équipes sur le terrain.


Comprendre le délai de carence, ses objectifs, son mode de calcul et surtout la manière dont il doit être accompagné est devenu un enjeu central pour les agences d’intérim spécialisées, mais aussi pour les entreprises logistiques soucieuses de sécuriser leurs compétences.


Ce que recouvre réellement le délai de carence


Le délai de carence est une obligation prévue par le Code du travail. Il impose à une entreprise utilisatrice d’attendre un certain laps de temps avant de conclure un nouveau contrat de mission sur un même poste, après la fin d’un contrat d’intérim.


Cette règle s’applique principalement lorsque le contrat de mission est conclu pour un accroissement temporaire d’activité ou pour un emploi saisonnier. Elle vise à empêcher l’enchaînement continu de contrats temporaires sur un poste qui relèverait, en réalité, d’un besoin permanent.


Le calcul du délai est strictement encadré


Lorsque le contrat précédent a duré 14 jours ou plus, le délai de carence correspond à 1/3 de la durée totale du contrat, renouvellements compris.


Lorsque le contrat précédent a duré moins de 14 jours, le délai de carence correspond à la moitié de la durée du contrat.


Il est essentiel de rappeler que cette règle s’impose à l’entreprise utilisatrice, qu’elle concerne le poste occupé et non la personne, et qu’elle n’interdit en aucun cas à l’intérimaire de travailler ailleurs pendant cette période.


Prenons l’exemple d’un intérimaire présent 18 mois sur un site logistique


Un intérimaire intervient pendant dix-huit mois consécutifs sur un même site, sur un poste de cariste, dans le cadre de contrats successifs liés à des variations d’activité. Il connaît parfaitement les flux, les règles de sécurité, les équipes, les contraintes opérationnelles et les exigences du client.


À l’issue de cette période, l’entreprise utilisatrice arrive au terme du cadre légal autorisé pour le recours au travail temporaire sur ce poste. Le contrat prend fin, non pas en raison d’un problème de performance, mais en application stricte de la réglementation.


Le délai de carence s’applique alors.


Sur une mission de 18 mois, soit environ 540 jours calendaires, le délai de carence est égal à 1/3 de la durée du contrat, soit environ 6 mois. Pendant cette période, l’entreprise ne peut plus recourir à un intérimaire sur ce même poste.


Pour l’intérimaire, la situation est souvent brutale. Du jour au lendemain, il quitte un environnement qu’il maîtrise, un rythme de travail stable, parfois une équipe dans laquelle il est intégré, pour se retrouver juridiquement bloqué sur ce poste précis.


Une règle légitime, mais des effets humains lourds


Sur le plan juridique, la règle est cohérente. Elle vise à responsabiliser les entreprises sur la nature de leurs besoins et à éviter une précarisation excessive des postes structurels.

Sur le plan humain, en revanche, ses effets sont souvent sous-estimés.


Un intérimaire ayant travaillé 18 mois sur un même site est rarement un profil débutant ou interchangeable. Il a investi du temps, de l’énergie, développé des automatismes, parfois accepté des contraintes horaires ou organisationnelles spécifiques.


Lorsque la carence est mal expliquée, elle est vécue comme une mise à l’écart. Lorsque le silence s’installe, elle devient une source de démotivation profonde.


Le rôle déterminant de l’agence pendant la carence


C’est précisément à ce moment que le rôle de l’agence d’intérim prend toute sa dimension.

La carence ne doit jamais être un angle mort du parcours intérimaire. Elle doit être anticipée, expliquée et accompagnée. Cela implique, en amont, d’informer clairement l’intérimaire sur la durée maximale de mission, sur les conséquences réglementaires et sur les possibilités de repositionnement.


Cela implique également de maintenir un lien actif pendant la période de carence. Appels réguliers, points de situation, recherche de missions alternatives sur d’autres sites ou d’autres postes compatibles avec les compétences acquises.


Un intérimaire en carence n’est pas indisponible. Il est simplement empêché de retourner sur un poste précis.


Transformer la carence en phase de transition


Chez ABN Recrutement, nous considérons que la carence peut devenir une phase utile, à condition qu’elle soit pilotée.


C’est un moment pour faire le point sur le parcours, identifier les compétences valorisables ailleurs, envisager d’autres environnements logistiques, préparer des habilitations complémentaires ou anticiper un futur besoin client.


Plutôt que de subir 6 mois d’attente passive, l’intérimaire peut être repositionné sur un autre site, chez un autre client, tout en conservant une perspective de retour lorsque la réglementation le permet.


Cette approche demande du temps, de l’organisation et une connaissance fine des bassins d’emploi. Mais elle est essentielle pour préserver la valeur des profils expérimentés.


Un enjeu stratégique pour les entreprises logistiques


Du point de vue des entreprises utilisatrices, la gestion du délai de carence est également stratégique.


Anticiper une fin de mission longue, réfléchir à une éventuelle embauche, organiser une montée en compétences ou planifier un retour futur permet d’éviter une rupture sèche, coûteuse et souvent contre-productive.


Un intérimaire qui a travaillé 18 mois sur un site représente un capital opérationnel important. Le perdre faute d’anticipation, c’est accepter de repartir de zéro quelques mois plus tard.


CONCLUSION


Le délai de carence est une contrainte légale incontournable. Mais il n’impose ni l’inaction, ni le silence, ni la rupture de lien.


Géré sans accompagnement, il fragilise les parcours et alimente le turnover.

Géré avec méthode, il structure les compétences et sécurise les effectifs.


Chez ABN Recrutement, nous avons fait le choix de traiter la carence comme une phase à part entière du parcours intérimaire, avec la même exigence de suivi, de transparence et de professionnalisme que pendant la mission.


Parce que dans la logistique, la performance ne repose pas uniquement sur les flux et les outils. Elle repose avant tout sur les femmes et les hommes qui les font fonctionner, y compris lorsqu’ils sont temporairement en carence.

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